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Banque et crowdfunding : frères ou ennemis ?

Mariage, adoption, pacs, guerre de voisinage : banque et crowdfunding, quel avenir ensemble ?

Banque et crowdfunding, ces structures sont-elles compatibles ? Ou, pour être plus pragmatique, les banques doivent-elles combattre le financement participatif ? L’avaler tout cru et le digérer ? La réponse à ces questions prendra encore quelques années à se dessiner de manière définitive mais quelques réflexions et quelques premières expérimentations nous apportent déjà des éléments de réponse.

Banque et crowdfunding Mariages, adoptions, pacs, guerres de voisinage : banques et plateforme de crowdfunding, quel avenir ensemble ? 

Mariages, adoptions, pacs, guerre de voisinage : banques et plateforme de crowdfunding, quel avenir ensemble ?

Complémentarité plus que rivalité pour le don et l’equity

D’un point de vue théorique, dans la majeure partie des cas, le crowdfunding ne marche que marginalement sur les plates bandes des services proposés par les institutions bancaires.

Le cas du don contre don.

Nous pouvons déjà évacuer la grande partie des projets personnels que l’on retrouve sur les grandes plateformes généralistes : films, projets étudiants, etc. sortent pour leur grande majorité des projets éligibles à un prêt bancaire.

Qu’en est-il donc des projets associatifs et d’entreprises (commerces, artisanat, agriculture, …) comme nous en faisons très régulièrement sur Bulb in Town ?
En don contre don, on parle de 5 000€ en moyenne collectés auprès de 100 personnes. Cette somme est à considérer comptablement comme du chiffre d’affaires. Non seulement les banques se positionnent rarement sur des prêts pour des montants aussi faibles car le travail à fournir est quasiment le même pour une rémunération limitée. Mais en plus, le plan de financement est rarement bouclé avec 5 000€. Des financements complémentaires sont donc nécessaires, ce qui laisse une bonne place à nos amis banquiers (notamment) pour faire leur métier.

Si l’on creuse encore un peu le sujet, la complémentarité va en fait bien plus loin que de savoir s’il y a assez de place pour tout le monde. En effet, une campagne de financement participatif doit être considérée comme un levier pour obtenir d’autres financements, et notamment bancaires.

L’entrepreneur qui a porté jusqu’au succès une campagne de financement participatif réalise en effet une démonstration convaincante en montrant :

  • qu’il y a un marché pour son projet
  • qu’il a déjà des premiers clients qui vont devoir venir sur place (en tout cas dans une démarche locale telle que nous le proposons) et qui vont être de vrais ambassadeurs du projet auprès de leur entourage
  • qu’une première campagne de communication a déjà été faite pour faire parler de son projet
  • et enfin qu’il est extrêmement motivé pour faire réussir son projet ce qui est loin d’être neutre et souvent bien difficile à apprécier en rendez-vous.

 

Le cas de l’investissement en capital (le crowdequity, qui permet de devenir actionnaire d’une entreprise).

C’est le cas le plus évident. En effet, pour obtenir un prêt, il faut un apport, ou autrement dit, des fonds propres. Et c’est d’ailleurs bien souvent ce qui manque à un porteur de projet pour remplir les conditions imposées par sa banque afin d’obtenir son prêt. Cela tombe bien, puisque c’est précisément ce qu’apporte une campagne d’investissement en capital.

Inutile donc d’insister pour comprendre la grande complémentarité de ces deux solutions, d’autant plus si on ajoute les arguments décrits précédemment dans le cas du don contre don et qui s’applique également !

Les feux seraient-ils donc tous au vert ? Sommes nous dans le cas d’un « no brainer » pour utiliser un vilain anglicisme (pour ceux qui en veulent encore un peu à nos voisins british pour leurs récentes prises de position, préférez la version « pas besoin d’utiliser son cerveau sur ce coup là » !) : pas si simple !

 

Le cas du prêt (ou crowdlending) pose plus de questions.

C’est en effet ce mode de financement participatif qui a fait tomber le sacro-saint monopole bancaire dans le cadre de la loi sur le crowdfunding mise en application en octobre 2014. Difficile de devenir amis quand on s’attaque aux bijoux de famille ! Au-delà de ce symbole, la principale question est sur le métier en lui même.

D’un côté, on prête aux entreprises. De l’autre côté, on prête aux entreprises. Aïe … on se marche un peu sur les pieds. Peut-on tout de même imaginer quelques complémentarités ?

Peut-être les banques pourraient-elles rediriger les dossiers que leurs grilles d’analyse ne permettent pas de financer vers ce mode de financement plus flexible ? C’est probablement une piste mais qui me semble limitée. Les plateformes de lending n’ont pas non plus vocation à ne financer que les exclus du système bancaire, en tout cas pas dans leur majorité. Elles ont une réputation à garantir ou à constituer et la confiance des prêteurs est un élément absolument clé de leur développement. La ligne de crête est donc relativement fine pour récupérer le haut du panier des projets non financés par les banques. Peut être pas de quoi justifier un partenariat à grande échelle. L’intérêt pour la banque serait d’offrir une porte de sortie aux projets qu’elle ne peut pas financer pour ménager les frustrations mais l’effet serait inverse si 80% de ces projets étaient également rejetés par le partenaire plateforme de lending…

 

Quelques expérimentations pour un début de réponse

Il y a presque 4 ans, quand on a commencé à développer Bulb in Town, notre premier grand challenge a été de trouver une banque qui accepte simplement de nous ouvrir un compte courant pour créer l’entreprise. On a du voir tellement de banques qu’on s’est promis d’ouvrir le champagne le jour où nous tombions sur un banquier assez fou pour dire oui !

Il faut bien dire que les temps ont changé. De cette période de rejet total, nous sommes passés par une phase de lutte entre lobbys dans le cadre de la préparation du projet de loi (cf. plus haut), puis après un peu de défiance, la résignation a laissé place à la curiosité (vous me suivez ?) !

Aujourd’hui, je ne croise que très peu de banquiers qui rejettent le crowdfunding. La grande majorité oscillent entre observations, réflexions et premières expérimentations.

 

Du côté de Bulb in Town, nous avons fait un premier pas en avant qui illustre bien les enjeux du moment.

En effet, en s’appuyant sur notre partenariat avec la CCI de Dordogne, nous avons été mis en contact avec le Crédit Agricole Charente Périgord. Après avoir validé que nous nous retrouvions plutôt bien sur notre fort attachement à une approche locale et un soutien de l’économie de proximité, nous nous sommes aussi retrouvés sur une démarche pragmatique (presque proche de l’esprit start-up !).

« On apprend tout juste à se connaître donc ça n’est ni le moment de signer un partenariat gravé dans le marbre pour les 5 ans à venir, ni pertinent de passer 3 ans à faire des powerpoint et autres notes internes. Trouvons un moyen de mettre en place quelque chose qui soit simple et pas trop engageant. Il sera toujours temps de tout arrêter ou de peaufiner après les premiers résultats. » Une approche rafraîchissante de la part d’un milieu qu’on dit souvent coincé dans ses vieilles habitudes !

Fin 2015, nous avons donc lancé un appel à projets très simple (on aime quand c’est simple !) en proposant aux porteurs de projets de la région de faire leurs preuves avec une campagne de financement participatif, et en cas de succès de recevoir un soutien de la part du Crédit Agricole sous la forme d’un abondement du montant collecté et d’un prêt.

Bilan de la course : avec un budget de communication total inférieur à 1 000€, nous avons reçus près de 100 projets et en avons déjà financés une quinzaine dont de très belles campagnes ! Tant et si bien que nous avons lancé une seconde édition de cet appel à projet mi 2016.

C’est donc une première preuve que nous sommes capables de travailler main dans la main, et que l’association banque et crowdfunding est compréhensible pour le grand public. Encourageant donc !

Si on se laisse convaincre par nos complémentarités, reste la question de comment nos secteurs se seront apprivoisés dans quelques années quand le sujet aura mûri. Nos plateformes auront-elles toutes été absorbées par ces riches institutions bancaires ? Les banques auront-elles fini par créer leurs propres plateformes ? Avec quel succès ? Serons-nous restés indépendants ? Serons-nous de simples partenaires opérationnels ?

A ce stade je ne parierai sur aucune de ces options. C’est un peu tôt. On peut imaginer que toutes ces solutions et peut être d’autres existeront et que le modèle ne sera pas unique.

 

L’idée d’un label

En discutant avec un responsable territorial chez nos partenaires de France Active, une vision assez convaincante est ressortie : et si le financement participatif devenait une sorte de label pour nos amis financeurs traditionnels ?

J’entends régulièrement nos partenaires expliquer comment leurs décisions de soutenir un dossier sont aujourd’hui considérées de manière très positive par les banques pour accorder un prêt. A tel point visiblement, que les banques invitent maintenant les porteurs de projets à passer par cette étape préalable avant de demander un prêt.

J’imagine bien volontiers le même genre de dynamique se mettre en place dans le cadre du financement participatif. Une campagne de financement participatif réussie comme un label de confiance pour obtenir un financement complémentaire. Une preuve réelle d’un projet utile et enthousiaste ça serait déjà une belle étape dans notre relation !

Pour le reste, l’avenir nous dira s’ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants !

banque et crowdfunding partenariat crowdfunding de proximité Crédit Agricole x Bulb in town

Les partenariats Banques x Plateformes autour du financement participatif vont-ils un jour déboucher sur un mariage de raison?

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Le financement participatif ?

  • C’est un financement pour des entreprises en création/reprise ou en développement.
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  1. […] Pour aller plus loin sur le sujet et partager nos réflexions sur la relation entre banque et crowdfunding, consultez cet article : Banques et crowdfunding : frères ou ennemis ? […]

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