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Le crowdfunding doit-il craindre la blockchain ?

Blockchain, blockchain … ce terme barbare encore réservé à une minorité de nerds il y a quelques mois nous est aujourd’hui servi en entrée, plat et dessert s’il vous restait un peu d’appétit. Gare à l’indigestion ! Certains vont même jusqu’à affirmer qu’en termes de révolution l’avènement d’internet serait à la blockchain ce que l’invention des coquillettes au beurre serait à celle d’un plat étoilé ! Quelle application cette technologie apportera-t-elle au financement participatif ?

Le crowdfunding doit-il craindre la blockchain - bulb in town

Le financement participatif doit-il craindre la blockchain ?

Pour ceux qui ont encore besoin de clarifier leurs idées à ce sujet, je vous renvoie vers l’excellent article d’Aurélien pour tout comprendre sur la blockchain. Pour les plus flemmards d’entre vous, je vais tenter d’en faire une brève synthèse.

Rapide présentation : la blockchain pour les nuls flemmards

Dans les grandes lignes, la blockchain est un système malin et robuste qui permet à une opération informatique ou à tout type de transaction d’être réalisée en parallèle sur plusieurs milliers d’ordinateurs. Dans notre fonctionnement actuel, on fait généralement confiance à un seul opérateur pour réaliser une opération. C’est une sorte de décentralisation de la transaction, apportant d’avantage de garanties.

Exemple : aujourd’hui dans la vraie vie, si vous voulez faire un virement, vous demandez à votre banque, et le système de la banque va se mettre à tourner pour effectuer le mouvement et le valider. Le problème, c’est que si le système de votre banque a une faille ou se fait pirater, comme tout est centralisé à un seul endroit, il y a un risque important de perte ou de vol données ou autre dysfonctionnement.

Dans le cas de la blockchain, des milliers d’ordinateurs font le même calcul et se confirment qu’ils sont tous d’accord (le consensus) afin de valider l’opération. Ils en conservent ensuite tous une trace. Et tout ça, grâce à un système de clés et de briques que je ne détaillerai pas ici (encore une fois, demandez à Aurélien, c’est lui l’expert). L’important c’est de comprendre que par conséquent, si quelqu’un veut pirater l’opération, il doit pirater en simultanée des milliers d’ordinateurs indépendants répartis chez autant de personnes sur les 5 continents. Idem pour l’historique. Autrement dit c’est a peu près impossible.

La blockchain est donc un système qui pourrait casser les monopoles des opérateurs tiers de confiance historiques en ouvrant la possibilité de faire tous ensemble aussi bien voire mieux que ceux qui réalisent aujourd’hui nos opérations en raison de leur expertise.

Mais surtout, ce système décentralisé permet de créer un environnement bien plus sécurisé et difficile à pirater.

Cet aspect sécurisé et donc rassurant pour les parties prenantes, est il me semble à ce stade, le principal argument en faveur de la blockchain. Comme vous le verrez, je suis à ce stade plus réservé sur d’autres arguments mis en avant, mais le sujet est jeune, et je peux me tromper !

 

Blockchain = automatisation et interconnexion ?

blockchain et crowdfunding - bulb in town financement participatifLorsque j’ai entendu parler de la blockchain pour la première fois il y a quelques mois, j’ai d’abord compris que cela permettait une automatisation à outrance. Qu’une fois la chaîne en place, tout tournerait tout seul de manière automatique (et presque effrayante !). Le deuxième argument qu’on entend souvent est également que cela rendrait possible d’interconnecter différents acteurs (clients, partenaires, concurrents, etc.) pour permettre de créer des liens automatisés pour que de nombreuses opérations puissent se faire toutes seules.

Ces deux arguments me laissent pour le moment plutôt sceptique. En effet, la blockchain s’appuie sur un fonctionnement dicté par des lignes de code informatique traditionnel (même si ensuite ce code tournera sur de multiples ordinateurs). Autrement dit, nous savons déjà automatiser des fonctions dans des logiciels ou via des interfaces web. Et sur ce point, la blockchain n’apporte pas de révolution, ni d’évolution d’ailleurs. Nous savons également déjà interconnecter des acteurs entre eux (via notamment des API pour ceux qui veulent un peu plus de détail), et ça n’est pas la blockain seule qui permet d’élargir cette possibilité. La blockchain permet simplement de la mettre en musique différemment via un système décentralisé et autonome.

 

Quelles applications pour le crowdfunding ?

Prenons donc maintenant l’exemple du financement participatif : avec le potentiel de supprimer les tiers de confiance, va-t-elle bouleverser le marché ?

► Une des principales idée qui émerge serait de créer un second marché qui permettrait de s’échanger des contrats de prêts ou pourquoi pas des actions entre prêteurs et investisseurs de différentes plateformes. L’idée est séduisante sur le papier et pourrait en effet fonctionner via la blockchain.

Mais le principal défi serait de se mettre d’accord entre acteurs pour homogénéiser nos pratiques et ainsi proposer des produits facilement échangeables car s’appuyant sur des contrats et des conditions identiques. Chacun ayant son propre fonctionnement, on imagine ces discussions compliquées, et ce n’est pas la blockchain qui apportera les réponses.

Prenons l’hypothèse malgré tout que nous y arrivions. Que plusieurs acteurs trouvent un consensus pour créer ensemble un second marché sur lequel pourraient être échangés des actions ou des contrats de prêts. Nous pourrions donc ensuite automatiser le fonctionnement de ces échanges via la blockchain. C’est tout à fait vrai. Mais nous pourrions aussi tout à fait automatiser tout cela de la même manière dans une place de marché codée de manière classique et centralisée. Sur le point de l’automatisation, ça serait la même chose. Les opérations se feraient même plus rapidement sans passer par le système de calcul de la blockchain qui nécessite quelques minutes d’attente pour confirmer le consensus entre toutes les machines.

► Une autre piste serait de penser qu’une plateforme de crowdfunding étant finalement un tiers de confiance comme un autre, on pourrait réaliser une collecte sans passer par une plateforme, directement via une chaîne. Plus de dépendance aux plateformes pour faire du crowdfunding, on reprend donc le pouvoir !

Mais qui, à l’origine, a paramétré cette chaîne ? N’est ce pas lui qui décide intégralement du fonctionnement de cette campagne, comme le font nos plateformes ? Ne serions nous pas simplement en train de décaler le problème ? Ce paramétreur originel de la blockchain n’a-t-il pas lui non plus un business model, des salariés à rémunérer, un loyer à payer ? Bref des intérêts et une motivation qui lui sont propres. De plus, pour se connecter à cette blockchain, il faut bien une plateforme, une place de marché, un bon vieux site web sur lequel aller pour prendre connaissance de la campagne, sur lequel faire son paiement. Finalement, ce portail d’accès est bien opéré par un tiers de confiance, non ? Ou alors chacun recode son propre site web pour faire sa propre campagne mais encore une fois, pas besoin de blockchain pour le faire. On tourne en rond ?

► Il reste donc l’argument dont nous parlions en introduction : la sécurité. Cet argument est selon moi le plus valable sur le fond.
Mais il me semble qu’il est encore un peu trop tôt pour l’utiliser comme un vrai différenciant qui ferait choisir une plateforme plutôt qu’une autre. Il faudra probablement encore un peu de temps pour que nos publics appréhendent suffisamment bien ce sujet et ses implications pour en faire un argument déterminant.

Les plus aventuriers s’y lanceront rapidement pour relever le challenge ou simplement marquer le coup en étant parmi les premiers avec un peu de communication autour.
D’autres attendront probablement que l’argument de la sécurisation des transactions soit suffisamment compris par nos utilisateurs pour qu’il soit utile de le mettre en avant. L’avenir nous le dira !


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